Bienvenue dans « la salle des cartes » où nous proposons des extraits de cartes anciennes à travers les âges,

localisant Parfouru-sur-Odon dans son cadre géographique et administratif.

1265

Extrait de la "Carte de Peutinger"

source: gallica.bnf.fr

La Carte de Peutinger est une copie réalisée vers 1265 d’un carte romaine datée du 3ème s. sur laquelle figurent les routes et les principales villes de l’empire romain. Le parchemin est redécouvert en 1494 par Conrad Celtes à Worms. . À sa mort, il le lègue à un autre humaniste, Konrad Peutinger qui meurt en 1547 avant d'avoir publié le document. La carte de Peutinger, est aujourd’hui une bande de 11 parchemins qui mesure 6,82 m sur 34 cm de hauteur. Elle représente 200 000 km de routes 555 villes et 3500 autres particularités géographiques mais aussi les mers, les fleuves,les phares, les sanctuaires importants souvent illustrées d’une vignette. 

L’extrait proposé est la première feuille de cette Table de Peutinger. Elle représente les îles Britanniques, la Belgique, une partie de la France dont la Normandie qui est ici représentée sans souci de la réalité géographique : elle ne tient compte ni de l’échelle, ni des distances, car c’est une représentation schématique qui est plus proche d’un plan de métro mais qui permet de se rendre facilement d’un point à un autre et de connaître les distances des étapes. Elle indique ainsi la route de 24 (XXIIII) milles romains de Bayeux (Augustoduro) à Vieux-la-Romaine (Araegenue), ce qui équivaut à 24 fois 1,5km, soit 36 km. Il reste aujourd’hui des segments de cette route empruntée jadis par Guillaume le Conquérant pour échapper à une tentative d'assassina, ce qui lui donna le nom de «Chevauchée de Guillaume» ou «Chemin Haussé».

 

1545

Extrait de la "Carte Generalle du pays de Normandie" par Jan Jolivet

source: gallica.bnf.fr

Henri IV puis Colbert savaient la nécessité d’une connaissance plus juste du territoire français. Avant 1600, il n'existe pas de carte générale de la France. Datée de 1545, la carte du pays de Normandie est l'œuvre de Jan Jolivet, cartographe et géographe du roi Henri II. Jolivet se préoccupe particulièrement de la France des Valois et fait la description de plusieurs provinces du royaume dont la Normandie.

Il s'agit de la première carte mentionant "Parfourru". Sur cette représentation qui ignore routes et chemins, les paroisses sont localisées par rapport au réseau hydrographique et symbolisées par leur église. Si on compare les dessins aux photos actuelles on peut supposer que la représentation a été faite à partir de relevés, le document fournit donc des renseignements intéressants pour des édifices pour lesquels nous n'avions jusqu'à maintenant aucune iconographie connue.

 

1642

Extrait de la "Description du Pais de Normandie" par Damien de Templeux

source: gallica.bnf.fr

Avec Damien de Templeux, écuyer, seigneur du Frestoy, décédé en 1620, sous Louis XIII, nous entrons dans la série des cartes administratives. Les gouvernements ont été crées par François 1er pour organiser les différente provinces : Pays de Brie, du Valois, de l’Ile de France mais aussi notre Normandie.

Il s'agit de préciser les contours des gouvernements : ces cartes présentent davantage de détails, notamment les ensembles forestiers (au nord d’Aulnay) et les reliefs (les Monts de l’ancre). Les rivières et leurs affluents sont bien représentés, contrairement au réseau routier encore inexistant. Les localités sont bien mentionnées mais de manière peu fiable et par leur seule église souvent codifiée (comparez Le Locheur et Parfouru). Les villes importantes sont mises en valeur (Tury). L’orthographe des localités se précise (Parfouru) mais les noms propres n’évoquent pas encore leur forme actuelle (Baignay-Bauquay).

 

1675

Extrait de la "Description Particulière du Diocèse de Bayeux" par l'abbé Jean Petite

source: gallica.bnf.fr

Cette Description Particulière du Diocèse de Bayeux, dédiée à l’évêque de Bayeux, François de Nesmond, est l’œuvre du cartographe, l’abbé Jean Petite (1619-1694 ) sous le règne de Louis XIV. Sur cette carte à vocation religieuse, l'évêché est séparé en plusieurs doyennés : ici Villers, Evrecy,  Fontenay et Maltot. La carte localise chaque église et renseigne sur le nombre de desservants correspondant au nombre de croix. Le symbole à côté nous indique le "patron" de chacun. Retrouvez celui qui mentionne que le "patron" de l'église de Parfouru est l'abbaye de Cerisy.

A remarquer sur cette carte :

  • Des informations à caractère religieux : les limites des doyennés ou à Saint-Vaast (La chapelle près de l'église où reposent les corps des martyrs St. Raven et St. Rasiphe).
  • Des informations historiques : Le Chemin Haussé, ancienne voie romaine parcourue par le duc Guillaume Le Conquérant pour échapper à ses barons en révolte alors qu'il était adolescent. Le "camp des Anglois après la bataille de Formigni", qui libère la Normandie du joug anglais en 1450.
  • Des informations administratives : L'abbaye de dames de Cordillon représentée par une crosse tournée vers la gauche, tandis que les abbayes d'hommes de Mondais et Aulnay ont une crosse tournée vers la droite.
  • Des informations économiques : les "carières de marbre rouge" près de Vieux.

 

1720

Extrait de la "Carte Topographique de la Normandie" par Mariette de la Pagerie

source: gallica.bnf.fr

Publiée en 1720, sous Louis XV, la carte de Mariette de la Pagerie mérite le qualificatif de «topographique» : on voit apparaitre chemins, carrières, landes et forêts, encaissement des cours d’eau, moindres ruisseaux, mais aussi activités humaines et économiques : ruines, forges, moulins, manoirs et structures d’hébergement ainsi que les activités économiques.

Certains chemins anciens existent encore comme celui de Villers à Feuguerolles. Les routes sont jalonnées se structures d’accueil figurées par des symboles avec des noms évocateurs comme la "bijude de Preaux" cabane en patois normand.

Les ponts, lieux de passage obligés, sont localisés ainsi que les moulins symbolisés par leur roue à aubes. Le jour de marché est mentionné par un motif spécifique à côté des grandes villes. Faites donc vos courses le mercredi à "Villers le Bocage" et le jeudi à "Evreci".

Remarquez au bord de Parfouru les carrières de meules à moulin, puis les ruines du vieux château de Villers Bocage, ancienne motte féodale simple butte en bordure de l’autoroute au nord du bois de Villers.

Recherchez aussi d’anciennes mines d'or dans la région.

 

1736

Extrait de la "Carte Topographique du Diocèse de Bayeux" par Réginald Outhier

source: gallica.bnf.fr

Renaud ou Réginald Outhier, ecclésiastique et scientifique français du siècle des Lumières, passionné d’astronomie, d'horlogerie et de mécanique deviendra en 1731 correspondant scientifique de Jacques Cassini , et sera reconduit dans cette fonction en 1756 par son fils César François dit Cassini de Thury pour poursuivre les levés de la carte de France. À partir de 1732, il devient secrétaire scientifique du jeune évêque de Bayeux, Mgr Paul d’Albert de Luynes, astronome et physicien éminent. Il résidera à l'évêché, une de ses tâches essentielles sera la réalisation de la carte du diocèse parue en 1736. Il meurt à Bayeux en 1774.

La carte d’Outhier annonce la rigueur géométrique des cartes des Cassini, le souci de l’exactitude, on voit se systématiser, des hachures, du pointillé, du trait : la ligne épaisse du cours d’eau, le trait double des axes routiers, les symboles nouveaux : la carte réclame sa légende !

 

1758

Extrait de la feuille 38 de la "Carte de France Levée par Ordre du Roy" par Cassini

source: gallica.bnf.fr

Au début du XVIIIème siècle l’état des routes est catastrophique. Les progrès décisifs commencent avec Colbert, ministre de Louis XIV. En 1738 , sous Louis XV, est adoptée la corvée des grands chemins et 10 ans plus tard une administration autonome va naître : Les Ponts et chaussées. Les cartes des Cassini témoignent de cette transformation du réseau routier. Elles ont été dressées par 4 générations de cartographes. Ils sont les premiers à avoir appliqué la méthode de triangulation géodésique pour cartographier la France avec une très grande précision. La feuille Caen-Bayeux à fait l’objet de 2 levées en 1754 et 1759.

Nous pouvons ainsi distinguer sur ce document le château de Parfouru séparé de l'église par une vallée, ainsi que l'allée qui part du même château et se poursuit sur l'autre versant de l'Odon. Les ingénieurs de la jeune Ecole des Ponts et Chaussées ont utilisé ces cartes pour réaliser les routes royales voulues par Louis XV. Ces voies rapides absentes sur la carte de gauche apparaissent sur la version de droite, ce qui nous permet de dater leur construction de l'année 1758. Elles deviendront plus tard nos routes départementales.

 

1827

Extrait de la Première carte de l’Etat-major

source: geoportail.gouv.fr

La carte de l'État-Major est une carte générale de la France réalisée au 1/80 000ème, une échelle proche dans sa première version, au XIXème siècle, de celle au 1/86 400 de la carte de Cassini. En 1808, Napoléon ordonne d'étudier le projet d'une nouvelle carte de France, mais c'est en 1817 que la Commission royale de la carte de France est mise en place. Une ordonnance royale de 1827 en confie l'exécution au Dépôt de la Guerre Les travaux commencent et aboutissent, en 1866, à l'établissement de la carte au 1/80 000 dite Carte d Etat major, puisque sa réalisation fut confiée aux ingénieurs militaires https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/carte-de-letat-major-1820-1866

 

1836

1867

1934

2025

Cartes cadastrales de Parfouru-sur-Odon Amendées

Archives du Calvados cotes 3248W/309 3P/1982   Géoportail

 

1867

Détail de la Carte Cadastrale de Parfouru-sur-Odon Amendée

Archives du Calvados cote 3P/1982

 

de 1947 à 2015

Centre de Parfouru vu du ciel

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